nuisances auditives et visuelles

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Trop

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Trop de choses.
Pas assez de temps. Ni entre pour faire des rapports, ni après pour y réfléchir, ni avant pour anticiper.

Tout est trop compressé. Trop compacte. Les évènements se déroulent trop vite, en roue libre, le tout sans tenir le guidon et sans s’étonner de chuter. Mais puisqu’il faut arriver à quelque chose, quelque part, on se relève et on continue, un peu sonné, jusqu’à la prochaine chute due à un obstacle qu’on avait vu venir, mais trop distrait, voire même à cause d’une chose banale qui paraissait anodine, un caillou qui surprend et provoque à nouveau la vautre.

La stabilité, ce qu’on recherche tous les mains agrippées sur le guidon. Paraît que plus on est stable moins on a des chances de tomber et donc logiquement on arrivera plus rapidement là où on voudrait. Pourtant, c’est si bon de fermer les yeux de temps en temps. De se dire tant pis, si j’essayais pour voir, quelques secondes je risque pas grand chose puis après si il se passe rien de grave en le faisant, on recommence. Jusqu’à ce qu’on chute de nouveau et qu’on décide d’arrêter les conneries. Le problème est que certaines conneries ne s’arrêtent pas, d’autres sont irréversibles comme une cicatrice suite à un viandage en règle, on peut bien la masquer mais on saura toujours même si on est seul à le savoir, qu’elle est là.

Certaines trajectoires se croisent pour mieux s’éloigner l’une de l’autre, d’autres se séparent naturellement parce qu’ils ne partagent pas la même arrivée.

Parfois l’impression d’être dans une blague s’étendant de la naissance à la mort, que ce décor qui défile est factice et qu’on est tous en train de se rassurer comme on peut en faisant semblant d’arriver quelque part alors qu’on pédale dans le vide. En s’engageant, en travaillant, en se dépensant mais surtout en passant le temps à se regarder faire ces choses, une forme d’existence par procuration. Il faut se situer. Il faut s’accrocher à des pensées pour qu’on puisse se localiser. Se perdre dans des concepts, s’en gaver pour avoir l’impression de pouvoir tordre la réalité avec ces instruments et peser dans celle-ci.

Il n’y a pas de problème finalement.
Donc inutile de chercher une solution.

Written by Ka

février 23, 2012 at 6:33

Publié dans 2011